1 Mai 2013, Lac Waterloo est une source d’eau potable …

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Récemment, on a vu que les changements climatiques pouvaient affecter les lacs. C’est important de le savoir car le lac Waterloo est une source d’eau potable pour plus de 66,000 personnes à Granby! Mais comment le réchauffement de la planète peut-il influencer la qualité de l’eau potable?

On reconnaît une eau potable de bonne qualité à sa température agréablement tempérée, à l’absence d’odeur, de goût et de couleur, et à son caractère irréprochable côté hygiène et toxicité. Parmi tous les facteurs associés à la qualité de l’eau des lacs, nul n’a fait autant les manchettes que la prolifération des cyanobactéries. Concentrons-nous donc sur cette problématique pour illustrer quelques impacts des changements climatiques sur la qualité de
l’eau.

Les cyanobactéries font partie de la flore normale des lacs, certaines sont de couleurs rosées, d’autres sont de couleur turquoises, d’autres plus bleues et les nôtres sont plus vertes mais leur présence est limitée par la concentration de nourriture dont elles disposent, notamment le phosphore. Sans cet élément nutritif les cyanobactéries sont incapables de croitre. Les lacs eutrophes, comme des centaines de lac au Québec, dont le lac Waterloo fait parti, leurs offrent un environnement favorable à leur développement. Il en découle des défis à surmonter pour les usines de filtration situées en aval de notre lac et des autres lacs du Québec, dont les filtres bouchés et des caractéristiques spécifiques à atteindre pour les municipalités comme Granby, qui doit livrer une eau potable de qualité à ses 66,000 clients de son usine de filtration…

Et les changements climatiques dans tout ça? L’augmentation de la température des eaux de surface, conséquence directe du réchauffement planétaire fait en sorte que notre masse d’eau dans le lac Waterloo se situe pendant l’été dans une fourchette de 19 à 22 degré C, offrant ainsi une température idéale pour l’accumulation de nourriture pour les plantes aquatiques. La concentration en phosphore dans un plan d’eau dépend essentiellement de deux facteurs : la charge externe, « celle qui coule sur le sol et s’en va vers le lac »*, et la charge interne, « celle qui est emprisonné dans les sédiments et qui est relâché naturellement»* remonte à la surface.

Les orages violents et les précipitations plus abondantes risquent d’accroître la charge externe en lessivant les sols qui sont en pente vers le lac (bassin versant). Par ailleurs, comme on l’a vu dans une chronique précédente, des liquides de densité différente ont tendance à se superposer : le plus chaud et moins dense en surface et le plus froid et plus dense dans le fond; dans un lac, on appelle ça la stratification thermique. Cette condition limite le brassage vertical de l’eau. Dans un lac stratifié, les deux ressources appréciées par les cyanobactéries se retrouvent donc aux deux extrémités de la colonne d’eau : la lumière en surface et la charge interne de phosphore près des sédiments. Or, l’absence de stratification thermique est une particularité du lac Waterloo*, ce qui permet aux vents de brasser l’eau et de mélanger le phosphore dans toute la colonne d’eau Enfin, un dégel hâtif d’un lac causé également par le réchauffement de la planète, offre un environnement propice et ce plus rapidement pour ces phénomènes naturels.

En somme, quand un plan d’eau contient naturellement des organismes de la sorte on doit donc les considérer comme des éléments naturels si leur proportion est adéquate selon la quantité d’eau du lac. Pour ce qui est du lac Waterloo, il y a déséquilibre et c’est à quoi l’ABVLW s’est dévoué depuis des années, afin de donner un coup de main à notre milieu naturel en contrôlant l’arrivée des charges externes vers le lac et en débutant le projet de retirer les charges internes en phosphore qui sont contenues dans les sédiments du plan d’eau. Ces deux actions combinées permettront une remise en état de l’équilibre naturel du lac D’où notre insistance de retirer les sédiments au plus vite et de remettre aux citoyens de Waterloo un plan d’eau agréable et économiquement rentable, mais plus encore une source d’eau potable pour nos voisins de Granby qui est pour eux et restera… Source de vie.

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