12 Février 2013, Ma vision humaniste du développement durable

By 12 février 2013Chroniques

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Vous vous souvenez de ma première chronique? Celle où je souhaitais vous voir retomber en amour avec notre lac? C’est pourquoi j’ai tenté par la suite de vous rappeler ce qu’il peut faire pour nous et ce qu’on doit faire pour lui.

J’ai le goût de récidiver et de vous parler maintenant des sentiments que l’on devrait entretenir les uns envers les autres… Saviez-vous que les Grecs avaient trois mots pour désigner l’amour? Éros, Philia et Agapè. Éros, d’où vient le mot « érotique », c’est l’amour dans sa dimension sexuelle. Agapè désigne l’amour dans sa signification mystique ou religieuse. Quant à Philia, c’est le souci de l’autre qui devrait unir tous les citoyens de la planète, incluant ceux de Waterloo. C’est l’amitié, la solidarité, le « ciment » qui tient ensemble une communauté, de la plus petite à la plus grande.

La Philia, c’est la réserve de chaleur humaine, d’élan et de générosité qui nourrit et stimule les sociétés. C’est aussi le sentiment désintéressé qui rend possible de concilier la propriété privée et l’usage en commun ou la gestion collective des ressources. C’est donc la Philia qui était au cœur des recherches d’Elinor Ostrom, lauréate du Prix Nobel d’économie dont j’ai parlé le mois dernier.

J’utilise la Philia pour introduire le concept de « développement durable » (DD). Quand vous entendez cette expression, je suis certain que vous pensez immédiatement à la réduction des gaz à effet de serre, à l’efficacité énergétique, à la gestion des déchets ou à l’adoption de produits « verts ».

Bien que toutes ces actions soient fort souhaitables, elles sont davantage centrées sur la technologie que sur la dimension humaine. Or, un développement ne peut être vraiment durable que s’il est porté par la Philia, c’est-à-dire s’il repose sur la solidarité entre nous ainsi qu’envers nos descendants. C’est pourquoi la commission Brundtland, qui est à l’origine du concept de développement durable, l’a défini comme « un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Il comporte trois axes, économique, social et environnemental, auxquels on peut ajouter la dimension culturelle.

Une approche humaniste (centrée sur l’humain) du développement durable doit donc se soucier du bien-être économique des citoyens de Waterloo, mais aussi de la qualité de l’environnement où ils vivent, de la sauvegarde de leur identité collective et de la santé des institutions qu’ils se sont données pour y parvenir. En somme, le développement durable consiste à assurer les conditions essentielles au maintien et à l’épanouissement de la vie et de la dignité humaine. C’est ce dont j’ai l’intention de vous entretenir dans les prochaines chroniques.

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