Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

La survie du Lac Waterloo passe par l’étape de caractérisation des sédiments.

Finalement, la ville de Waterloo, la municipalité du Canton de Shefford et les Amis du Bassin Versant du Lac Waterloo (ABVLW) se sont entendus et engagés à compléter l’étape de caractérisation des sédiments du lac, pour mieux cibler les interventions futures nécessaires à la sauvegarde du lac Waterloo et ce, pour le bénéfice des générations futures. Il est important ici de comprendre que nous sommes dans une phase d’urgence et de sauvetage.

Cette étape sera des plus bénéfiques car elle nous permettra d’obtenir des réponses claires et précises sur le contenu et la qualité des sédiments dans le fond du lac, pour qu’ensuite nous puissions  prendre des décisions éclairées et responsables pour l’ensemble de la population de la région.

Bien qu’autrefois considéré comme des déchets, les sédiments dans le fond du lac peuvent nous révéler une valeur marchande si l’on prend bien soin d’en analyser leur composition. Aujourd’hui, nous allons caractériser ces sédiments, ce qui veut tout simplement dire que nous allons en analyser toutes les composantes pour ainsi être en mesure d’en connaitre la valeur .

Nous aimerions bien changer le mot sédiment pour gisement!

Nous entrevoyons  faire une analyse exhaustive, afin de déterminer pour chacune des 25 carottes que nous allons extraire du lac, la composition des sédiments, et ainsi orienter les actions concrètes que nous ferons des différentes composantes de ce gisement qui est enfoui dans le fond de notre lac.
Par exemple, le phosphore, s’il est isolé du reste des autres éléments des sédiments, représente à lui seul une richesse naturelle réutilisable pour les entreprises qui produisent des engrais à jardin. Il en sera de même de l’évaluation de certaines composantes comme le potassium et certaines concentrations de métaux qui seront peut-être exploitables.

Il va s’en dire que l’ABVLW ne regarde pas l’avenir de ce projet comme un problème environnemental, mais bel et bien comme une opportunité de repousser la limite de la conscience collective afin que l’on puisse tirer profit des erreurs du passé qui ont causé ces sédiments.  Il faut donc voir dans cette démarche un projet rassembleur avec un avenir prometteur. Un gros merci à Mario Rodrigue de ta collaboration spéciale.

Protégeons ensemble notre richesse !

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Récemment, on a vu que les changements climatiques pouvaient affecter les lacs. C’est important de le savoir car le lac Waterloo est une source d’eau potable pour plus de 66,000 personnes à Granby! Mais comment le réchauffement de la planète peut-il influencer la qualité de l’eau potable?

On reconnaît une eau potable de bonne qualité à sa température agréablement tempérée, à l’absence d’odeur, de goût et de couleur, et à son caractère irréprochable côté hygiène et toxicité. Parmi tous les facteurs associés à la qualité de l’eau des lacs, nul n’a fait autant les manchettes que la prolifération des cyanobactéries. Concentrons-nous donc sur cette problématique pour illustrer quelques impacts des changements climatiques sur la qualité de
l’eau.

Les cyanobactéries font partie de la flore normale des lacs, certaines sont de couleurs rosées, d’autres sont de couleur turquoises, d’autres plus bleues et les nôtres sont plus vertes mais leur présence est limitée par la concentration de nourriture dont elles disposent, notamment le phosphore. Sans cet élément nutritif les cyanobactéries sont incapables de croitre. Les lacs eutrophes, comme des centaines de lac au Québec, dont le lac Waterloo fait parti, leurs offrent un environnement favorable à leur développement. Il en découle des défis à surmonter pour les usines de filtration situées en aval de notre lac et des autres lacs du Québec, dont les filtres bouchés et des caractéristiques spécifiques à atteindre pour les municipalités comme Granby, qui doit livrer une eau potable de qualité à ses 66,000 clients de son usine de filtration…

Et les changements climatiques dans tout ça? L’augmentation de la température des eaux de surface, conséquence directe du réchauffement planétaire fait en sorte que notre masse d’eau dans le lac Waterloo se situe pendant l’été dans une fourchette de 19 à 22 degré C, offrant ainsi une température idéale pour l’accumulation de nourriture pour les plantes aquatiques. La concentration en phosphore dans un plan d’eau dépend essentiellement de deux facteurs : la charge externe, « celle qui coule sur le sol et s’en va vers le lac »*, et la charge interne, « celle qui est emprisonné dans les sédiments et qui est relâché naturellement»* remonte à la surface.

Les orages violents et les précipitations plus abondantes risquent d’accroître la charge externe en lessivant les sols qui sont en pente vers le lac (bassin versant). Par ailleurs, comme on l’a vu dans une chronique précédente, des liquides de densité différente ont tendance à se superposer : le plus chaud et moins dense en surface et le plus froid et plus dense dans le fond; dans un lac, on appelle ça la stratification thermique. Cette condition limite le brassage vertical de l’eau. Dans un lac stratifié, les deux ressources appréciées par les cyanobactéries se retrouvent donc aux deux extrémités de la colonne d’eau : la lumière en surface et la charge interne de phosphore près des sédiments. Or, l’absence de stratification thermique est une particularité du lac Waterloo*, ce qui permet aux vents de brasser l’eau et de mélanger le phosphore dans toute la colonne d’eau Enfin, un dégel hâtif d’un lac causé également par le réchauffement de la planète, offre un environnement propice et ce plus rapidement pour ces phénomènes naturels.

En somme, quand un plan d’eau contient naturellement des organismes de la sorte on doit donc les considérer comme des éléments naturels si leur proportion est adéquate selon la quantité d’eau du lac. Pour ce qui est du lac Waterloo, il y a déséquilibre et c’est à quoi l’ABVLW s’est dévoué depuis des années, afin de donner un coup de main à notre milieu naturel en contrôlant l’arrivée des charges externes vers le lac et en débutant le projet de retirer les charges internes en phosphore qui sont contenues dans les sédiments du plan d’eau. Ces deux actions combinées permettront une remise en état de l’équilibre naturel du lac D’où notre insistance de retirer les sédiments au plus vite et de remettre aux citoyens de Waterloo un plan d’eau agréable et économiquement rentable, mais plus encore une source d’eau potable pour nos voisins de Granby qui est pour eux et restera… Source de vie.