Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Quand on a le bonheur d’être président des Amis du Bassin Versant du Lac Waterloo, comment ne pas se réjouir de retrouver cet organisme parmi les finalistes au Gala des prix d’Excellence en Environnement des Cantons de l’Est 2013?

Il semble que nous ne soyons plus les seuls à nous intéresser à ce joyau régional et qu’on commence à reconnaître nos efforts collectifs…Quelle belle occasion de contempler le chemin parcouru depuis, d’en tirer de la fierté et de célébrer nos accomplissements!

Fidèle à sa vision d’offrir un lac, une rivière et un environnement sains pour le mieux-être de la population de Waterloo tout en laissant un bel héritage”, l’ABVLW souhaitait que la population puisse se reconnaître dans cet objectif et s’y identifier.

Pour cultiver ce sentiment d’appartenance, l’ABVLW a d’abord procédé à :

  • La création d’une nouvelle image, notamment à l’aide d’un symbole joyeux et aisément reconnaissable
  • La confection de cartes d’affaires, cartes de membres, affiches grand format, infolettres, oriflammes, tatouages temporaires, T-shirts et autres articles promotionnels portant ce symbole
  • La création d’un site web et d’une page Facebook
  • La rencontre de près de 800 élèves du primaire francophone et anglophone et de 500 élèves du secondaire pour les concours de coloriage et le concours “Trouvez un nom à notre mascotte”;
  • La création d’un jingle et d’une chorégraphie de Polupas où apparaissent de nombreux citoyens de Waterloo.

Monsieur Jean-Marc Lacroix, vice-président du Musée de Pêche à la mouche du Canada et Pêcheurs à la mouche de la haute-Yamaska, a même conçu des mouches personnalisées inspirées de Polupas qu’il a généreusement offertes à l’ABVLW et à la population de Waterloo.

Puis, l’ABVLW s’est appliquée à mobiliser la population et à mettre

  • La rédaction d’une chronique dans le journal Panorama
  • La création d’une école et d’un club d’aviron à Waterloo
  • La conception d’une Tour d’observation interprétative
  • L’organisation de la deuxième édition du Tour du lac Waterloo
  • L’organisation d’une exposition composée d’images du passé, de souvenirs empruntés, mais surtout de témoins vivants qui sont venus échanger et porter un regard sensible sur le lac et son histoire
  • La participation au nettoyage des berges, dans le cadre du Week-end vert de Waterloo où plus d’une vingtaine de bénévoles sont venus prendre soin de leur lac
  • La distribution de 2007 plantes indigènes et 1270 arbres pour participer aux efforts de revégétalisation des berges.

Enfin, l’ABVLW a poursuivi ses démarches pour la restauration et la conservation du bassin versant du lac. Lors de l’assemblée générale annuelle, tenue le 8 décembre 2012, notre collègue Mario Rodrigue a résumé le rapport final de la firme Dessau sur la “Conception préliminaire pour l’enlèvement et la disposition des sédiments du lac Waterloo”. Ce rapport concluait que “le retrait des sédiments ne peut qu’être bénéfique pour la qualité de cet écosystème”. Certains d’entre vous ont peut-être été témoins des travaux effectués pour la caractérisation des sédiments. Cette étape ayant été menée à bien, nous devrons bientôt envisager la phase 4 de la réhabilitation du lac, soit l’étude d’impact sur l’environnement. Suivraient la préparation des plans et devis ainsi que de l’appel d’offres. Rien de tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant n’aurait été possible sans votre appui et votre participation.

C’est sans doute cet esprit de solidarité entre nous ainsi qu’envers nos descendants, ce projet de développement durable, qui a été reconnu par la Fondation Estrienne en Environnement (FEE) dont la mission est “la sensibilisation des citoyens de la grande région des Cantons-de-l’Est en matière de promotion et d’application des principes du développement durable”.
Il va sans dire que l’ABVLW ne regarde pas ce projet comme un problème environnemental, mais bel et bien comme une occasion de changer la perception collective afin que l’on puisse tirer profit des erreurs du passé, qui sont à l’origine des sédiments, et voir dans cet exercice un projet rassembleur avec un bel avenir.

En conclusion, nous pouvons ensemble affronter les pires ennuis, mais aussi célébrer nos meilleurs succès. Qui sait où nous mèneront les Ami(e)s du Bassin Versant du Lac Waterloo?

Passez de joyeuses Fêtes et faites le plein d’inspiration pour vos prochains éco-gestes !

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Quelques jours suivant la publication de ma dernière chronique, un voisin m’a dit: « Richard, sérieux, tu ne vas pas nous parler du réchauffement de la planète, il fait moins trente! » J’avoue que ça m’a un peu ébranlé parce que c’est pas facile en effet de convaincre quelqu’un qu’il faut lutter contre le réchauffement climatique quand il fait un temps pareil…

On devrait plutôt parler de changement climatique. Car le climat est un système très complexe et la même différence de température peut avoir des effets fort différents à deux endroits éloignés. Saviez-vous par exemple que le réchauffement de la planète peut causer un refroidissement important sur la côté ouest de la France? Je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

Les eaux chaudes à la surface de l’océan dans la zone tropicale sont transportées vers le nord par des courants qui agissent comme d’énormes courroies de transmission. Dans l’Atlantique on appelle ce courant le Gulf Stream. Vous avez déjà bu un de ces cocktails composés de boissons superposées de différentes couleurs? Ce phénomène s’explique par la différence dans la densité des liquides, les moins denses ayant tendance à rester au-dessus. C’est ce qui se passe aussi avec l’eau de la mer. Quand elle est chaude, elle est moins dense, et elle a donc tendance à rester près de la surface. En se refroidissant près des pôles, l’eau en provenance des Tropiques se densifie et plonge vers le fond avant de redescendre vers l’équateur pour être réchauffée à nouveau

Il en résulte un mouvement en boucle à qui on doit le Gulf Stream. Mais si la banquise de l’Arctique fond en relâchant de grandes quantités d’eau froide qui descend vers le sud, le Gulf Stream est perturbé car l’eau chaude ne peut plus remonter comme prévu. Or, d’habitude les vents dominants, qui soufflent de l’ouest au-dessus de l’Atlantique, se réchauffent en passant au-dessus du Gulf Stream, ce qui adoucit considérablement le climat des côtes françaises. Mais si l’eau qui provient de la fonte des glaciers empêche l’eau chaude de remonter aussi loin vers le nord, les vents dominants n’étant plus réchauffés par le Gulf Stream vont refroidir le climat en France. Et comme c’est le réchauffement climatique qui aura causé la fonte des banquises en premier lieu, on est devant un réchauffement causant un refroidissement… C’est pour ça qu’on ne peut pas se fier sur un hiver plus froid dans un coin de la planète pour conclure qu’il n’y pas de réchauffement global. Contrairement à la météo, la climatologie étudie les tendances à très long terme. Mais comme il est très complexe, le climat nous réserve d’autres surprises. C’est ce comportement chaotique qui fait dire aux scientifiques qu’il y aura de plus en plus d’événements climatiques extrêmes: des températures record (grandes chaleurs, froids glaciaux, etc.), des précipitations plus abondantes (blizzards, pluies diluviennes, etc.), des orages violents (ouragans, typhons, tornades, etc.) et des variations subites des conditions (sécheresse suivie d’inondations, chute de neige suivie de pluie, etc.). On se retrouve dans les montagnes russes climatiques!

Dans le prochain article, nous verrons comment les changements climatiques pourraient affecter notre lac.

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

S’offrir des écogestes comme cadeaux …peu importe le temps de l’année!

De nombreuses recherches ont permis d’identifier les services écologiques rendus par un lac et son écosystème : régulation de la température, purification de l’eau, contrôle de l’érosion, formation des sols, recyclage des nutriments, habitat faunique, potentiel récréatif, héritage culturel et éducatif, sentiment d’appartenance, attrait du paysage, etc.

C’est grâce a des gens comme monsieur Paul-Éloi Dufresne a qui nous avons remis le « Mérite Claude Tétrault » pour sa conscience  environnementale depuis de nombreuses années, pour son engagement, sa persévérance et surtout sa ténacité dans le dossier du Lac Waterloo.

Il y aussi une association bénévole comme celle des Ami(e)s du Bassin Versant du Lac Waterloo, qui informe les citoyens sur la condition physique de notre plan d’eau et qui favorise les échanges et le partage d’information. En investissant un peu de temps, les gens prennent alors conscience qu’il est possible d’atteindre des objectifs communs grâce a une action volontaire et coopérative dans un climat de confiance.

Pour ce qui est du lac Waterloo, i1 y a toujours un déséquilibre et c’est à quoi l’ABVLW s’est dévoue depuis des années, afin de donner un coup de main à notre milieu naturel en contrôlant l’arrivée des charges externes vers le lac et en débutant le projet de retirer les charges internes en phosphore qui sont contenues dans les sédiments du plan d’eau. Ces deux actions combinées permettront une remise en état de l’équilibre naturel du lac d’où notre insistance de retirer les sédiments au plus vite et de remettre aux citoyens de Waterloo un plan d’eau agréable et économiquement rentable, mais plus encore une source d’eau potable pour nos voisins de Granby qui est pour eux et restera … Source de vie.

Il va sans dire que l’ABVLW ne regarde pas ce projet comme un problème  environnemental, mais bel et bien comme une occasion de changer la perception collective afin  que  l’on  puisse  tirer  profit  des  erreurs  du  passé,  qui  sont  à l’origine  des sédiments, et de voir dans cet exercice un projet rassembleur avec un bel avenir.

Je profite de cette fin d’année pour remercier tous ceux qui de près ou de loin ont contribué aux démarches de l’ABVLW visant à restaurer la vie de notre lac.

Passez de Joyeuses Fêtes et faites le plein d’inspiration pour VOS prochains éco-gestes !

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Quand on a le bonheur d’être président des Amis du bassin versant du lac Waterloo, comment ne pas se réjouir de retrouver cet organisme parmi les finalistes au Gala des prix d’Excellence en Environnement des Cantons de l’Est 2013?

Vous vous souvenez de ma première chronique ou je vous affirmais to-the-go que mon objectif était de vous aider à retomber en amour avec notre lac? I1 semble que nous ne soyons plus les seuls à nous intéresser à ce joyau régional et qu’on commence à reconnaitre nos efforts collectifs…

Quelle belle occasion de contempler le chemin parcouru  depuis dix-huit mois, d’en tirer de la fierté et de célébrer nos accomplissements !

Fidèle a sa vision d’offrir un lac, une rivière et un environnement sains pour le mieux-être de la population de Waterloo tout en laissant un bel héritage, l’ABVLW souhaitait que la population puisse se reconnaitre dans cet objectif et s’y identifier. Pour cultiver ce sentiment d’appartenance, l’ABVLW s’est appliquée a mobiliser la population et à mettre le lac en valeur par : la rédaction d’une chronique dans le journal  Panorama,  la  création  d’une  école  et  d’un  club  d’aviron  à Waterloo, l’organisation de la deuxième Edition du Tour du lac Waterloo, l’organisation d’une exposition composée d’images du passe, de souvenirs empruntes, mais surtout de témoins vivants qui sont venus échanger et porter un regard sensible sur le lac et son histoire, la participation au nettoyage des berges, dans le cadre du Week-end vert de Waterloo, la distribution de 2007 plantes indigènes et 1270 arbres pour participer aux efforts de revégétalisation des berges.

Enfin, l’ABVLW a poursuivi ses démarches pour la restauration et la conservation du bassin versant du lac. Lors de l’assemblée générale annuelle, tenue le 8 décembre 2012, notre collègue Mario Rodrigue a résumé le rapport final de la firme Dessau sur la «Conception préliminaire pour l’enlèvement et la disposition des sédiments du lac Waterloo». Ce rapport concluait que «le retrait (des) sédiments ne peut qu’être bénéfique pour la qualité de cet écosystème ». Certains d’entre vous ont peut-être été témoins des travaux effectués pour la caractérisation des sédiments. Cette étape ayant été menée à bien, nous devrons bientôt envisager la phase 4 de la réhabilitation du lac, soit l’étude d’impact sur l’environnement. Suivraient la préparation des plans et devis ainsi que de l’appel d’offres. Rien de tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant n’aurait été possible sans votre appui et votre participation.

C’est sans doute cet esprit de solidarité entre nous ainsi qu’envers nos descendants, ce projet de développement durable qui a été reconnu par la Fondation Estrienne en Environnement (FEE) dont la mission est «la sensibilisation des citoyens de la grande région des Cantons-de-l’Est en matière de promotion et d’application des principes du développement durable».

Comme je concluais ma dernière chronique, «ensemble, nous pouvons affronter les pires ennuis, mais aussi célébrer nos meilleurs succès». Qui sait où nous mènera l’ABVLW?

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
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richard@morasse.ca

Je ne sais pas pour vous, mais moi je repense souvent au désastre de Lac Mégantic et je trouve Waterloo bien chanceuse d’avoir des pistes cyclables au lieu d’une voie ferrée. Mais sommes-nous vraiment à l’abri d’une catastrophe ? Il existe d’autres types de tragédies moins violentes mais tout aussi sournoises…

Une menace de conflit au Moyen-Orient ou un ouragan près des raffineries de pétrole dans le golfe du Mexique peuvent faire grimper le prix du baril en flèche. On a pu l’observer récemment quand les États-Unis ont menacé d’attaquer la Syrie. 11 n’y a pas encore si longtemps, à Waterloo, comme dans les autres villes du Québec, on s’approvisionnait surtout localement et les métiers traditionnels, comme celui de notre vaillant cordonnier savatier M. André Latour, étaient florissants. Mais avec le pétrole bon marché et la mondialisation, on s’est habitues à acheter des produits étrangers peu coûteux et on est devenus dépendants des importations, et donc plus vulnérables devant une augmentation du prix de l’or noir. Vous imaginez s’il fallait le payer 2$ et plus le litre comme en Europe ? Nos déplacements et la plupart des produits que nous achetons coûteraient plus cher.

Peut-on se préparer à rebondir devant un évènement catastrophique OU une modification soudaine de nos conditions de vie ? On entend de plus en plus parler de cultiver la «résilience » des communautés, au point où c’est en train de devenir le nouveau « buzzword » en développement durable. Mais c’est quoi au juste la résilience ?

Le mot est d’abord apparu pour designer la capacité d’un matériau à reprendre sa forme après avoir subi une déformation. En écologie, la résilience d’un écosystème désigne sa capacité à reprendre son fonctionnement normal après une perturbation. Une communauté, une ville ou une région est résiliente si elle peut s’adapter aux changements brusques ou graduels qui se produisent dans son environnement (physique, économique, sanitaire, etc.).

De plus en plus de chercheurs s’intéressent aux facteurs qui favorisent la résilience dans une société. Mais cultiver la résilience d’une communauté c’est aussi, et surtout, donner l’occasion aux citoyens de s’impliquer dans la vie collective, encourager l’économie locale, connaitre les ressources et les talents présents dans la communauté. et faire d’abord appel à eux, encourager les métiers traditionnels, s’approvisionner localement et avant tout multiplier les occasions de se fréquenter.

Cultiver la résilience de Waterloo, n’est-ce pas un joyeux projet ? Nous avons beaucoup d’atouts, et je crois que nous sommes déjà très bien partis. Ensemble, nous pouvons affronter les pires ennuis et célébrer nos meilleurs succès.

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Aucun événement n’aura marqué l’été 2013 plus profondément que le terrible drame qui a frappé la population de Lac Mégantic. Comme tous les Québécois, les membres de l’ABVLW déplorent les trop nombreuses pertes de vie, et nous offrons nos sympathies et notre soutien les plus sincères à tous ceux et celles qui ont été touché(e)s par cette horrible tragédie.

Les citoyen(ne)s de Waterloo ont été fortement ébranlé(e)s par le sort de la malheureuse communauté de Mégantic dont l’histoire s’apparente à la leur. En effet, Waterloo et Mégantic doivent toutes deux leur développement à l’arrivée du train qui a favorisé l’essor de leur industrie locale. L’une et l’autre abritent des lacs qui portent leur nom et qui luttent aujourd’hui pour leur survie à cause de la proximité du chemin de fer…

Dans le cas du lac Waterloo, la pollution a été lente et progressive, tandis que le lac Mégantic a été victime d’un accident soudain et violent dont on n’a pas fini de mesurer les impacts. Le philosophe et statisticien Nassim Nicolas Taleb a donné le nom de « cygne noir » à ce type d’événement peu probable mais dont les conséquences ont une portée exceptionnelle. Pourquoi « cygne noir »? Les Européens ont longtemps cru que tous les cygnes étaient blancs jusqu’au moment où, en Australie, un voyageur en a rencontré un spécimen… tout noir! Taleb aime bien raconter l’histoire de la dinde qui est nourrie tous les jours depuis sa naissance et qui s’attend à bien manger tous les jours jusqu’à sa mort, lorsque soudain arrive le jour de l’Action de grâce… On a commis la même erreur dans le cas du train de MMA, en se disant: « Bien voyons, il n’y a pas de problème, on transporte du pétrole sur ces rails depuis toujours et il n’y a jamais eu d’accident!… » Alors on a attiré un cygne noir en dérèglementant le transport ferroviaire, en négligeant l’entretien de la voie ferrée, en utilisant des wagons-citernes de moindre qualité, en circulant en plein centre-ville avec toutes sortes de matières dangereuses, en ne mettant qu’un seul employé à bord du train, en omettant d’exiger une assurance suffisante pour couvrir les conséquences d’un grave accident, etc. En somme on a fait du « lean management » (gestion minceur) et le cygne noir s’est présenté…

À Waterloo, sommes-nous à l’abri des cygnes noirs? Ils peuvent nous apparaître sous toutes sortes de formes: une crise économique imprévue, une fermeture d’usine, une augmentation soudaine des prix du pétrole ou des matières premières, un événement climatique extrême, une soudaine contamination sévère de l’air ou de l’eau, une épidémie, etc. Ailleurs, on les a vus se manifester sous forme de tornade, d’ouragan, de tsunami, d’irruption volcanique, de tremblement de terre, d’accident maritime, d’empoisonnement alimentaire important (lait en poudre en Chine), d’explosion d’un pipeline (Illinois dans la nuit du 12 au 13 août) ou d’un gazoduc, etc. Comme ils sont hautement imprévisibles, il n’est pas facile de se protéger contre les cygnes noirs. Nous devons d’abord cesser de les attirer, puis tisser un solide filet de bonnes relations au sein de notre population et veiller à bien l’entretenir, je fais référence à notre lac. On appelle ça cultiver la résilience d’une communauté. Je vous en reparle bientôt.

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
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richard@morasse.ca

Rassurez-vous, je ne vise personne en particulier mais trois espèces de salamandres qui ont choisi de s’établir avec nous, dans l’écosystème du lac Waterloo. Il s’agit de la salamandre sombre du nord (susceptible), de la salamandre pourpre (vulnérable), et de la salamandre à quatre orteils (susceptible), qui ont besoin d’être protégées. Protéger des bibittes me direz-vous? Imaginez-vous en train d’expliquer ça à un promoteur immobilier! À Boucherville, ils ont réussi à soustraire un boisé au développement en raison de la présence d’une grenouille de 3 centimètres dont c’est l’habitat, la rainette faux-grillon…

Ce qui m’amène à vous parler de biodiversité. De l’importance de chaque être vivant, même le plus humble, dans le tissu que constitue un écosystème et sans lequel tout le réseau pourrait s’effondrer. Je pourrais vous parler de vulnérabilité ou de conservation, mais je préfère vous raconter un fait qui montre bien qu’une intervention humaine ne se fait jamais sans risque dans un système aussi complexe.

Au début des années 1950 le peuple dayak, sur l’île de Bornéo, est décimé par la malaria. Pour tenter d’enrayer cette terrible maladie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vaporise de grandes quantités de DDT pour tuer les moustiques responsables de l’épidémie. Comme prévu, les moustiques meurent et la malaria décline. Tout va bien! Les gens reposent à nouveau paisiblement dans leur maison jusqu’à ce que le toit leur tombe sur la tête… pour vrai. En effet, il existe une sorte de guêpe parasite dont les oeufs éclosent sur une petite chenille qui se nourrit de feuilles de palmier. Or, le DDT en tuant les guêpes, accroît la population des chenilles qui dévorent les toits des chaumières. Les habitants ont droit à un réveil brutal! Mais bien pire encore, les insectes empoisonnés au DDT constituent la nourriture des lézards, qui sont à leur tour mangés par les chats. Or, la concentration du contaminant augmente en remontant la chaîne alimentaire, ce qui tue les chats et permet aux rats de se multiplier et d’exercer leurs ravages. Les gens sont alors menacés par une éclosion de peste et de typhus! Vous imaginez? La malaria remplacée par la peste provoquée, bien involontairement, par l’Organisation mondiale de la santé!… Pour faire face à ce nouveau problème, qu’elle a elle-même créé, l’OMS doit recueillir des chats et les parachuter, comme des GI Joe, au-dessus de l’île de Bornéo! Dans les systèmes complexes, ce qu’on appelle généralement des «effets secondaires» ne sont en réalité que les effets directs de nos actions qui sont éloignés dans le temps et dans l’espace.

« Une légende urbaine ça Richard », me direz-vous?… Oh que non! Vous pouvez même lire cette histoire sur le site de l’Association des Anciens de l’Organisation mondiale de la santé http://www.who.int/formerstaff/nt60.pdf page 6).

Morale de l’histoire? Protéger nos salamandres, en assainissant leur habitat par exemple, contribue à la santé de l’écosystème de notre lac et, par conséquent, à la nôtre.

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
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La survie du Lac Waterloo passe par l’étape de caractérisation des sédiments.

Finalement, la ville de Waterloo, la municipalité du Canton de Shefford et les Amis du Bassin Versant du Lac Waterloo (ABVLW) se sont entendus et engagés à compléter l’étape de caractérisation des sédiments du lac, pour mieux cibler les interventions futures nécessaires à la sauvegarde du lac Waterloo et ce, pour le bénéfice des générations futures. Il est important ici de comprendre que nous sommes dans une phase d’urgence et de sauvetage.

Cette étape sera des plus bénéfiques car elle nous permettra d’obtenir des réponses claires et précises sur le contenu et la qualité des sédiments dans le fond du lac, pour qu’ensuite nous puissions  prendre des décisions éclairées et responsables pour l’ensemble de la population de la région.

Bien qu’autrefois considéré comme des déchets, les sédiments dans le fond du lac peuvent nous révéler une valeur marchande si l’on prend bien soin d’en analyser leur composition. Aujourd’hui, nous allons caractériser ces sédiments, ce qui veut tout simplement dire que nous allons en analyser toutes les composantes pour ainsi être en mesure d’en connaitre la valeur .

Nous aimerions bien changer le mot sédiment pour gisement!

Nous entrevoyons  faire une analyse exhaustive, afin de déterminer pour chacune des 25 carottes que nous allons extraire du lac, la composition des sédiments, et ainsi orienter les actions concrètes que nous ferons des différentes composantes de ce gisement qui est enfoui dans le fond de notre lac.
Par exemple, le phosphore, s’il est isolé du reste des autres éléments des sédiments, représente à lui seul une richesse naturelle réutilisable pour les entreprises qui produisent des engrais à jardin. Il en sera de même de l’évaluation de certaines composantes comme le potassium et certaines concentrations de métaux qui seront peut-être exploitables.

Il va s’en dire que l’ABVLW ne regarde pas l’avenir de ce projet comme un problème environnemental, mais bel et bien comme une opportunité de repousser la limite de la conscience collective afin que l’on puisse tirer profit des erreurs du passé qui ont causé ces sédiments.  Il faut donc voir dans cette démarche un projet rassembleur avec un avenir prometteur. Un gros merci à Mario Rodrigue de ta collaboration spéciale.

Protégeons ensemble notre richesse !

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Récemment, on a vu que les changements climatiques pouvaient affecter les lacs. C’est important de le savoir car le lac Waterloo est une source d’eau potable pour plus de 66,000 personnes à Granby! Mais comment le réchauffement de la planète peut-il influencer la qualité de l’eau potable?

On reconnaît une eau potable de bonne qualité à sa température agréablement tempérée, à l’absence d’odeur, de goût et de couleur, et à son caractère irréprochable côté hygiène et toxicité. Parmi tous les facteurs associés à la qualité de l’eau des lacs, nul n’a fait autant les manchettes que la prolifération des cyanobactéries. Concentrons-nous donc sur cette problématique pour illustrer quelques impacts des changements climatiques sur la qualité de
l’eau.

Les cyanobactéries font partie de la flore normale des lacs, certaines sont de couleurs rosées, d’autres sont de couleur turquoises, d’autres plus bleues et les nôtres sont plus vertes mais leur présence est limitée par la concentration de nourriture dont elles disposent, notamment le phosphore. Sans cet élément nutritif les cyanobactéries sont incapables de croitre. Les lacs eutrophes, comme des centaines de lac au Québec, dont le lac Waterloo fait parti, leurs offrent un environnement favorable à leur développement. Il en découle des défis à surmonter pour les usines de filtration situées en aval de notre lac et des autres lacs du Québec, dont les filtres bouchés et des caractéristiques spécifiques à atteindre pour les municipalités comme Granby, qui doit livrer une eau potable de qualité à ses 66,000 clients de son usine de filtration…

Et les changements climatiques dans tout ça? L’augmentation de la température des eaux de surface, conséquence directe du réchauffement planétaire fait en sorte que notre masse d’eau dans le lac Waterloo se situe pendant l’été dans une fourchette de 19 à 22 degré C, offrant ainsi une température idéale pour l’accumulation de nourriture pour les plantes aquatiques. La concentration en phosphore dans un plan d’eau dépend essentiellement de deux facteurs : la charge externe, « celle qui coule sur le sol et s’en va vers le lac »*, et la charge interne, « celle qui est emprisonné dans les sédiments et qui est relâché naturellement»* remonte à la surface.

Les orages violents et les précipitations plus abondantes risquent d’accroître la charge externe en lessivant les sols qui sont en pente vers le lac (bassin versant). Par ailleurs, comme on l’a vu dans une chronique précédente, des liquides de densité différente ont tendance à se superposer : le plus chaud et moins dense en surface et le plus froid et plus dense dans le fond; dans un lac, on appelle ça la stratification thermique. Cette condition limite le brassage vertical de l’eau. Dans un lac stratifié, les deux ressources appréciées par les cyanobactéries se retrouvent donc aux deux extrémités de la colonne d’eau : la lumière en surface et la charge interne de phosphore près des sédiments. Or, l’absence de stratification thermique est une particularité du lac Waterloo*, ce qui permet aux vents de brasser l’eau et de mélanger le phosphore dans toute la colonne d’eau Enfin, un dégel hâtif d’un lac causé également par le réchauffement de la planète, offre un environnement propice et ce plus rapidement pour ces phénomènes naturels.

En somme, quand un plan d’eau contient naturellement des organismes de la sorte on doit donc les considérer comme des éléments naturels si leur proportion est adéquate selon la quantité d’eau du lac. Pour ce qui est du lac Waterloo, il y a déséquilibre et c’est à quoi l’ABVLW s’est dévoué depuis des années, afin de donner un coup de main à notre milieu naturel en contrôlant l’arrivée des charges externes vers le lac et en débutant le projet de retirer les charges internes en phosphore qui sont contenues dans les sédiments du plan d’eau. Ces deux actions combinées permettront une remise en état de l’équilibre naturel du lac D’où notre insistance de retirer les sédiments au plus vite et de remettre aux citoyens de Waterloo un plan d’eau agréable et économiquement rentable, mais plus encore une source d’eau potable pour nos voisins de Granby qui est pour eux et restera… Source de vie.

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Le problème, c’est qu’ils ne se contentent pas de réchauffer l’atmosphère, ce qui pourrait réjouir plusieurs d’entre vous, mais ils affectent bien d’autres milieux, comme les océans et les lacs. Or, comme nous l’avons déjà vu, un lac est un être vivant et comme tout être vivant qu’on ne peut jamais connaître parfaitement, il nous réserve très souvent des surprises.

Ainsi, les chercheurs du département de biologie de l’université de Lund en Suède (1) ont été surpris de constater que les lacs ne réagissent pas tous de la même façon aux changements du climat; tout dépend de ce qui vit dans le lac. Par exemple, dans un lac sans poisson le réchauffement du climat produit une eau claire et sans poussées d’algues, alors que dans les lacs poissonneux, comme le nôtre, il profite aux poissons qui se nourrissent des petits crustacés qu’on appelle zooplancton. Or, le zooplancton contribue à réguler la population d’algues, alors si les poissons en mangent davantage, les algues ne sont plus mises en échec et on observe une augmentation des floraisons soudaines (blooms). Ce phénomène s’ajoute à l’excès de nutriments qui favorise la prolifération des algues.

En 2010, la prestigieuse revue National Geographic publiait les résultats de la première étude mondiale sur les tendances relatives à la température des lacs. Cette étude, réalisée par des chercheurs de la NASA (2) à partir de données recueillies par des satellites, et d’autres recherches conduites directement sur les sites, ont révélé un autre phénomène surprenant: dans plusieurs cas, la température de l’eau s’élève plus rapidement que celle de l’atmosphère. Cela peut paraître bizarre car vous avez sûrement tous constaté que l’eau du lac au printemps se réchauffe plus lentement que la température de l’air. Alors comment expliquer que certains lacs semblent se réchauffer plus vite que l’atmosphère?

C’est qu’ils intègrent les changements des autres variables climatiques comme la couverture de neige, la présence de glace, les incendies de forêt à proximité, ou l’intensité de l’activité biologique. Ainsi, la température moyenne de l’eau des lacs se réchauffe graduellement tandis que celle de l’air connait d’importantes fluctuations. C’est pourquoi certains scientifiques considèrent de plus en plus les lacs comme de bons baromètres des tendances climatiques. En somme, ils seraient comme les pauvres petits canaris qui servaient à avertir les mineurs des changements néfastes dans leur environnement.

On a vu le mois dernier que le réchauffement climatique peut avoir des effets opposés à deux endroits différents sur la planète (par exemple un réchauffement dans la région du pôle nord et un refroidissement dans l’ouest de l’Europe). De même, on constate que les changements climatiques ont des effets différents sur des écosystèmes différents selon leur contexte. Tous les lacs sont affectés par le réchauffement, mais les effets sont largement dépendants des caractéristiques de chaque plan d’eau. Alors, gare aux généralisations trompeuses, les êtres vivants sont trop complexes pour qu’on puisse appliquer partout les mêmes solutions en espérant les mêmes résultats.

Nous reviendrons sur les liens entre le réchauffement du climat et les écosystèmes lacustres comme celui du lac Waterloo, et sur les meilleures façons de s’adapter.

  1. http://phys.org/news/2012-10-lakes-react-differently-warmer-climate.html
  2. http://www.cbc.ca/news/technology/story/2010/11/24/lakes-warming-climate-change.html