Comment gérer ton lac!

By 1 janvier 2013Chroniques

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Si vous lisez cette chronique, c’est que la fin « du » monde n’a pas eu lieu… Les Mayas étaient-ils dans le champ? Ou peut-être parlaient-ils plutôt de la fin « d’un » monde?

Nous remettons l’administration de nos affaires communes entre les mains de quelques individus; on appelle ça la démocratie « représentative ». Mais quelqu’un a démontré que l’une des meilleures façons de gérer un bien commun est de le faire collectivement, une « façon de faire de la politique autrement » qu’on nomme démocratie « participative ». Et ses recherches lui ont valu un prix Nobel d’économie!

En 2009, Elinor Ostrom est devenue la première, et la seule femme à ce jour, à recevoir la plus prestigieuse récompense accordée à ceux qui s’intéressent à l’économie et à la gouvernance. Il y a plus de 30 ans, elle et son équipe de chercheurs ont réalisé des études dans de nombreux pays, et ils ont constaté que les richesses de la nature, comme un lac par exemple, sont gérées avec plus de précaution quand c’est la communauté qui s’en occupe. Pourtant, la plupart des analystes politiques ne voient que deux façons possibles de gérer le capital naturel: l’administration publique ou l’entreprise privée. Malheureusement, ni l’État ni le marché n’ont été en mesure de prévenir les problèmes liés aux ressources communes qu’on observe un peu partout. Elinor Ostrom a dévoilé une troisième voie: la gestion collective. À ses yeux, les citoyens ne sont pas des « utilisateurs », mais des acteurs qui peuvent trouver eux-mêmes des solutions viables et équitables à des problèmes complexes concernant leurs biens naturels.

L’apport principal d’Elinor Ostrom est d’avoir su identifier et tester les conditions de réussite d’une gestion collective des ressources communautaires. Selon elle, la communication est un facteur essentiel dans le développement des relations de confiance entre les individus. Alors, puisque 54% de la charge en phosphore du lac Waterloo provient des citoyens, nous croyons que c’est en se parlant, en ayant la même compréhension de la situation, en échangeant sur nos valeurs et en adoptant un objectif commun pour la communauté que nous pourrons surmonter les difficultés de gestion propres à notre lac, et élaborer ensemble un système de surveillance et de transparence permettant de contrôler les comportements des différents acteurs.

L’avantage d’une association volontaire comme celle des Ami(e)s du bassin versant du lac Waterloo, est d’informer ses membres sur la condition physique de notre plan d’eau et de favoriser les échanges. En investissant un peu de temps pour assister aux réunions, les membres prennent alors conscience qu’il est possible d’atteindre des objectifs communs grâce à une action volontaire et coopérative dans un climat de confiance.

Les travaux d’Elinor Ostrom auront permis de constater que les écosystèmes et les ressources gérés en commun montrent les plus beaux exemples de durabilité. Or, les villes engagées dans le développement durable attirent des citoyens qui souhaitent vivre dans un environnement moderne et non pollué offrant une belle qualité de vie. C’est là que réside le potentiel de développement de demain. C’est pourquoi je vous invite à vous joindre à l’ABVLW pour qu’ensemble nous préparions l’avenir.

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