Cultiver la résilience de Waterloo

By 1 octobre 2013Chroniques

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Je ne sais pas pour vous, mais moi je repense souvent au désastre de Lac Mégantic et je trouve Waterloo bien chanceuse d’avoir des pistes cyclables au lieu d’une voie ferrée. Mais sommes-nous vraiment à l’abri d’une catastrophe ? Il existe d’autres types de tragédies moins violentes mais tout aussi sournoises…

Une menace de conflit au Moyen-Orient ou un ouragan près des raffineries de pétrole dans le golfe du Mexique peuvent faire grimper le prix du baril en flèche. On a pu l’observer récemment quand les États-Unis ont menacé d’attaquer la Syrie. 11 n’y a pas encore si longtemps, à Waterloo, comme dans les autres villes du Québec, on s’approvisionnait surtout localement et les métiers traditionnels, comme celui de notre vaillant cordonnier savatier M. André Latour, étaient florissants. Mais avec le pétrole bon marché et la mondialisation, on s’est habitues à acheter des produits étrangers peu coûteux et on est devenus dépendants des importations, et donc plus vulnérables devant une augmentation du prix de l’or noir. Vous imaginez s’il fallait le payer 2$ et plus le litre comme en Europe ? Nos déplacements et la plupart des produits que nous achetons coûteraient plus cher.

Peut-on se préparer à rebondir devant un évènement catastrophique OU une modification soudaine de nos conditions de vie ? On entend de plus en plus parler de cultiver la «résilience » des communautés, au point où c’est en train de devenir le nouveau « buzzword » en développement durable. Mais c’est quoi au juste la résilience ?

Le mot est d’abord apparu pour designer la capacité d’un matériau à reprendre sa forme après avoir subi une déformation. En écologie, la résilience d’un écosystème désigne sa capacité à reprendre son fonctionnement normal après une perturbation. Une communauté, une ville ou une région est résiliente si elle peut s’adapter aux changements brusques ou graduels qui se produisent dans son environnement (physique, économique, sanitaire, etc.).

De plus en plus de chercheurs s’intéressent aux facteurs qui favorisent la résilience dans une société. Mais cultiver la résilience d’une communauté c’est aussi, et surtout, donner l’occasion aux citoyens de s’impliquer dans la vie collective, encourager l’économie locale, connaitre les ressources et les talents présents dans la communauté. et faire d’abord appel à eux, encourager les métiers traditionnels, s’approvisionner localement et avant tout multiplier les occasions de se fréquenter.

Cultiver la résilience de Waterloo, n’est-ce pas un joyeux projet ? Nous avons beaucoup d’atouts, et je crois que nous sommes déjà très bien partis. Ensemble, nous pouvons affronter les pires ennuis et célébrer nos meilleurs succès.

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