Nous possédons tous un inconscient écologique

By 1 novembre 2012Chroniques

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

L’année qui s’achève aura été forte en émotions de toutes sortes. Les unes ont été loin d’être agréables: corruption, fraudes, grèves, mises à pied, crise économique, événements climatiques extrêmes, guerres, et j’en passe… Mais il y en a eu aussi de très bonnes. Quoiqu’on en pense, le concert de casseroles à Montréal a montré que les gens ont encore envie de se rassembler pour dire et faire des choses ensemble. Partout dans le monde, il y a eu des manifestations de solidarité, comme si la planète entière retrouvait le goût de la communauté. Ici, à Waterloo, c’est autour du lac qu’on s’est rencontrés et qu’on a profité ensemble de ce que nous avons de plus précieux: le bien être et le futur de notre lac.

Dernièrement, l’amie qui m’initie au développement durable m’a parlé de topophilie. Rassurez-vous, ce n’est pas une nouvelle maladie. Ce mot vient de « topo » qui veut dire « place » et de « philie » qui veut dire « aimer ». C’est un philosophe et chercheur australien, Glen Albrecht, qui a remis ce terme au goût du jour. Ce cousin humain des kangourous s’intéresse à notre rapport à l’environnement et croit que nous possédons tous un inconscient écologique. N’avez-vous pas déjà éprouvé un deuil à la suite de la perte d’un arbre qui vous abritait depuis plusieurs années? Ou de l’assèchement d’un marais où vous alliez, enfant, pourchasser les pauvres grenouilles sans défense? Ou encore de la destruction du paysage où vous avez volé ou reçu votre premier baiser? C’est de ce type de deuil que parlait Dédé Fortin dans sa célèbre chanson  » La rue Principale »:

Albrecht croit que nous pouvons tomber psychologiquement malade quand on détruit notre environnement. Il mène des recherches avec des psychologues de partout dans le monde et leurs résultats semblent confirmer l’existence d’un inconscient écologique.

Il y a un côté positif dans tout ça. Soigner notre lac, s’offrir des écogestes*… c’est s’occuper en même temps de notre santé mentale collective. Fermez-vous les yeux et rappelez-vous les beaux souvenirs associés au lac Waterloo, ou imaginez ceux que vous y récolterez ou y laisserez en héritage dans les prochaines années… Mais prenez garde, vous pourriez ressentir une émotion!…

*Les Ecogestes sont une première étape de la prise de conscience collective, en vue d’inviter tous les acteurs à une meilleure appréciation des enjeux environnementaux.

Je profite de cette fin d’année pour vous remercier de m’avoir accompagné et encouragé dans mes démarches visant à restaurer la vie de notre lac. Ce faisant, j’espère vous avoir fait plaisir et ranimé votre fierté d’appartenir à la communauté de Waterloo.

Passez de Joyeuses Fêtes et amusez-vous bien.

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