Trois espèces susceptibles au lac Waterloo?!!!

By 1 juillet 2013Chroniques

Richard MorassePar Richard Morasse
Résident de Waterloo et président des Ami(e)s
du BassinVersant du Lac Waterloo
richard@morasse.ca

Rassurez-vous, je ne vise personne en particulier mais trois espèces de salamandres qui ont choisi de s’établir avec nous, dans l’écosystème du lac Waterloo. Il s’agit de la salamandre sombre du nord (susceptible), de la salamandre pourpre (vulnérable), et de la salamandre à quatre orteils (susceptible), qui ont besoin d’être protégées. Protéger des bibittes me direz-vous? Imaginez-vous en train d’expliquer ça à un promoteur immobilier! À Boucherville, ils ont réussi à soustraire un boisé au développement en raison de la présence d’une grenouille de 3 centimètres dont c’est l’habitat, la rainette faux-grillon…

Ce qui m’amène à vous parler de biodiversité. De l’importance de chaque être vivant, même le plus humble, dans le tissu que constitue un écosystème et sans lequel tout le réseau pourrait s’effondrer. Je pourrais vous parler de vulnérabilité ou de conservation, mais je préfère vous raconter un fait qui montre bien qu’une intervention humaine ne se fait jamais sans risque dans un système aussi complexe.

Au début des années 1950 le peuple dayak, sur l’île de Bornéo, est décimé par la malaria. Pour tenter d’enrayer cette terrible maladie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vaporise de grandes quantités de DDT pour tuer les moustiques responsables de l’épidémie. Comme prévu, les moustiques meurent et la malaria décline. Tout va bien! Les gens reposent à nouveau paisiblement dans leur maison jusqu’à ce que le toit leur tombe sur la tête… pour vrai. En effet, il existe une sorte de guêpe parasite dont les oeufs éclosent sur une petite chenille qui se nourrit de feuilles de palmier. Or, le DDT en tuant les guêpes, accroît la population des chenilles qui dévorent les toits des chaumières. Les habitants ont droit à un réveil brutal! Mais bien pire encore, les insectes empoisonnés au DDT constituent la nourriture des lézards, qui sont à leur tour mangés par les chats. Or, la concentration du contaminant augmente en remontant la chaîne alimentaire, ce qui tue les chats et permet aux rats de se multiplier et d’exercer leurs ravages. Les gens sont alors menacés par une éclosion de peste et de typhus! Vous imaginez? La malaria remplacée par la peste provoquée, bien involontairement, par l’Organisation mondiale de la santé!… Pour faire face à ce nouveau problème, qu’elle a elle-même créé, l’OMS doit recueillir des chats et les parachuter, comme des GI Joe, au-dessus de l’île de Bornéo! Dans les systèmes complexes, ce qu’on appelle généralement des «effets secondaires» ne sont en réalité que les effets directs de nos actions qui sont éloignés dans le temps et dans l’espace.

« Une légende urbaine ça Richard », me direz-vous?… Oh que non! Vous pouvez même lire cette histoire sur le site de l’Association des Anciens de l’Organisation mondiale de la santé http://www.who.int/formerstaff/nt60.pdf page 6).

Morale de l’histoire? Protéger nos salamandres, en assainissant leur habitat par exemple, contribue à la santé de l’écosystème de notre lac et, par conséquent, à la nôtre.

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